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CARNET DE VOYAGES

"Les Couleurs de Zabeth 1 ."

Bien sûr, dès avril 1920 (Mariage G1 ) le “comité” existe virtuellement, mais il prit un départ effectif au Prieuré, lorsque frères et sœurs réunis dans notre cabane “les flots“ s’engagèrent à une solidarité à toute épreuve. Ainsi au mois d’août 1935, le V’LAN était donc lancé, et depuis, comme la nef de Lutèce… il vogue ! A Dieu vat !
Robert

PARTIE 1 : L’enfance
Carnet rose en dentelle blanche

La famille Pidou à Blériot en 1938.

Nous étions le 7 décembre 1930, dans le Nord de la France, à Calais, au 3 de la rue Volta. Alors que d’habitude, le 6, le grand St Nicolas apportait des friandises aux enfants sages dans la famille Pidou, cette année-là, ce fut différent : ainsi, ce jour de décembre, il apporta aux sept garnements présents (dont le plus vieux n’avait que neuf ans et demi)… une petite sœur. Eh oui, Elisabeth venait de naître. On peut donc dire qu’elle eut une venue au monde particulière. D’autant plus que Dominique, son grand frère, affirmera plus tard qu’au lieu de naître, comme les autres petites filles dans les roses, Zabeth a vu le jour dans une huître ! Pourquoi ? Mais parce que c’est une perle voyons.
Cette petite fille a ensuite été suivie de trois autres petits frères. Cela faisait en tout onze enfants chez la famille Pidou, sept garçons et quatre filles, et chaque membre de la tribu prenait grand plaisir à réciter les noms des frères et sœurs à toute vitesse quand on le leur demandait : Robert, Suzanne, Jacques, Edouard, Geneviève, Marie, Dominique, Elisabeth, François, Xavier et Luc. Et la personne qui se renseignait restait souvent pantoise !
Pour une grande famille, il fallait une grande maison. Celle de Zabeth était incluse dans la maison de commerce “épicerie – vins et spiritueux“ qui donnait d’un côté sur la rue Volta, et de l’autre au 45 rue du Four à chaux que tenait Papa Pidou. Au rez de chaussée se trouvaient le magasin et les bureaux. Puis dans sa continuité, sur la droite d’un couloir, il y avait une très grande pièce, si grande qu’elle pouvait supporter sans gêne deux pianos à queue !
Puis, de l’autre côté de ce couloir se trouvaient la salle à manger, la cuisine, la véranda et la buanderie avec les W.C.. Ensuite, lorsque l’on montait au premier étage, on voyait cinq chambres et une salle de bain, puis, au deuxième étage, deux autres grandes chambres, celles des garçons.
Mais si tout paraît très grand quand on est petit, Elisabeth, quand elle y est retournée des années plus tard, s’est vite rendue compte que les réelles dimensions étaient un peu plus modestes que ce dont elle se souvenait!

Au 45 rue du Four à chaux, 1920 environ,
Grand-mère Reine Pidou - Pollet avec ses enfants et employés.
C’est dans ces lieux que la génération de Fernand Pidou et Madeleine Wissocq
ont vécu avec leurs onze enfants.

Nain jaune et colère bleue

Pour nourrir une grande tribu, papa Pidou devait beaucoup travailler, et cela prenait du temps. Heureusement, il existe toujours des moments, pendant lesquels les parents se consacrent exclusivement aux enfants. Par exemple, les dimanches soirs, le papa était chargé de couper les ongles des pieds des plus petits. Zabeth m’a confié qu’elle en a gardé de bons souvenirs car il y avait toujours des chatouilles sous les pieds, pour faire rire les plus jeunes. Puis venait l’heure du coucher, précédé de la prière quotidienne du soir.

Ensuite, quand Elisabeth eut quatre ans, l’heure de la petite école est venue. On disait à l’époque “ les classes enfantines”. Les enfants, vêtus de petits tabliers à carreaux bleus, passaient toujours par le magasin avant de partir, où ils recevaient un baiser et un bonbon … pour la gorge. Puis madame Louise, qui aidait à la maison, accompagnait les petits jusqu’à l’école du quartier.
Les enfants n’étaient pas autant gâtés en bonbons qu’aujourd’hui, mais Zabeth avait un petit faible pour les “cailloux du gave”, ces petites friandises vendues à Lourdes. Car Papa Pidou, chaque année participait au pèlerinage des malades, en tant que brancardier. Et il rapportait aux enfants un ou deux petits paquets de ces bonbons. Maman Pidou aimait raconter, pour illustrer la bonne organisation de son mari, qu’avant de partir à Lourdes, il préparait son courrier à Calais, afin de n’avoir plus qu’à poster les cartes au pied de la grotte. Il faut dire que leur nombre devait être important car beaucoup de clients recevaient cette marque d’attention, et comme il fallait s’occuper des malades, le temps n’était pas prévu pour la correspondance. Plus tard, Zabeth, après son mariage, achètera quelques-uns de ces petits paquets de cailloux à Lourdes pour ses enfants, plus par “souvenir sentimental” que pour la valeur dégustative de ces “fameux cailloux”.

Les soirs, lorsque l’école était finie, les enfants rentraient à la maison et jouaient entre frères et sœurs. Elisabeth jouait à la marchande avec Geneviève et Marie. Toutes les trois se prenaient très au sérieux. Elles utilisaient une mini balance à deux plateaux et vendaient des boîtes de Phoscao, de Banania ou de lait Gloria présentées en modèle réduit vides, en carton, qu’elles exposaient sur des étagères. Les filles jouaient aussi à la dînette avec de la vaisselle et des ustensiles de cuisine souvent en aluminium, qui étaient de fidèles reproductions miniatures des services utilisés par les adultes. La maman donnait parfois quelques légumes, de la soupe, un peu de café ou des biscuits. Et si tout le monde s’entendait bien, les grands frères étaient alors invités. Ensuite, et cela faisait partie du jeu, il fallait laver la vaisselle.
Les poupées ont aussi eu du succès. Les trois plus jeunes filles, à savoir Zabeth, Geneviève et Marie, passaient du temps à les habiller, les déshabiller, leur donner le biberon…Elles avaient le berceau, la baignoire, une chaise haute en bois, qui se dépliait, pareille à celle des vrais bébés ! Le mobilier de l’époque était très bien imité.

Dominique et Elisabeth à Blériot

Les garçons avaient d’autres jeux, tels la trottinette à pédale (qu’on appelait patinette), les château-forts, les soldats de plomb, etc.… sans oublier le Meccano ou les voitures et camions miniatures.
Les jeux de société réunissaient filles et garçons : les cartes, les dames, les 7 familles ou les petits chevaux, et d’ailleurs, Maman Pidou avait fait faire pour les enfants une piste en contre-plaqué, pliable et grand format afin que six des frères et sœurs puissent y jouer en même temps.
Mais par-dessus tout, le “nain jaune” faisait fureur. Il occupait les grands pour des parties acharnées. On passait déjà un bon moment à distribuer les pions en bois qui servaient de monnaie pour la mise. Puis les petits, Marie, Dominique et Zabeth, qui ne jouaient pas, gardaient la caisse d’un des aînés et c’était une façon de les occuper eux aussi. Cela se passait souvent très bien ; mais parfois la bonne entente se dégradait et Maman venait y mettre de l’ordre…

Les samedis soirs, lorsque tout le monde revenait de l’école (car il y avait classe toute la semaine sauf le jeudi). C’était le jour des bains pour approfondir la toilette. Puis l’on soupait avec un bol de chocolat … et du pain au beurre. Il régnait alors dans toute la maison une odeur particulière que Zabeth aimait beaucoup.
En général, les soirs, il y avait deux services, c’est-à-dire les petits d’abord ( les six derniers) puis après leur coucher, les grands avec les parents, car bien sûr, il y avait “les grands” et “les petits”.
Ainsi, Marie et Zab, qui n’avaient pas une grande différence d’âge, faisaient un peu clan, et quand elles avaient des grands souhaits, elles décrétaient des neuvaines de chapelets, forcément, c’était Xavier et François, les petits frères, qui trinquaient, les grands ne se seraient pas laissés faire… alors, par solidarité, ils ânonnaient… et François croit que Xav trichait un peu…
De même, Suzanne témoigne : « Nous formions une fratrie nombreuse, nous partagions jeux et jouets et puisque j’étais l’aînée des filles, j’avais à m’occuper souvent des plus petits. Je devais les aider à s’habiller, se coiffer, lacer leurs souliers etc.… je ne me souviens pas des deux ou trois premières années d’Elisabeth mais dès qu’elle eut quatre ou cinq ans (j’en avais alors entre douze et quatorze), je crois que je la “chouchoutais” un peu.
Je la trouvais très mignonne et jolie, les photos de l’époque le confirment.
Peut-être aussi, je faisais d’elle ce que je voulais tandis que Geneviève et Marie, déjà plus grandes, affirmaient plus de volonté !
J’avais déjà, sans doute, une attirance pour la couture, encouragée par notre maman qui me donnait quelques bouts de tissu.
J’avais fait pour Zabeth, alors âgée de cinq ou six ans, une petite jupe plissée en cotonnade fleurie que je trouvais très réussie. Réussie… l’était-elle vraiment ? Je me vois encore faisant les essayages sur cette petite fille qui se prêtait de bonne grâce à mes désirs. Je crois que nous étions très fières toutes les deux d’un travail que j’avais réalisé presque seule et cousu complètement à la main. Zabeth jouait fort bien les mannequins !!! Elle était en 8ème position dans la lignée des frères et sœurs. Un avantage ou un inconvénient ? Bien sûr, elle profitait parfois des gentillesses ou des attentions de ses aînés mais n’a-t-elle pas subi parfois la volonté de ceux ou celles qui se croyaient tellement plus forts parce qu’ils avaient quatre ou cinq ans de plus qu’elle. C’est un peu la loi des familles nombreuses. »

Il fallait bien sûr de la discipline : ranger correctement ses affaires, le soir, quand tout le monde se couchait et parfois, Papa Pidou passait dans les chambres et, selon l’ordre qui y régnait, il remettait une récompense aux enfants, ou des lignes à faire : “Je dois bien ranger mes affaires”.
Parmi les autres exemples de correction, il y en a un dont Zabeth se souvient particulièrement. Elle devait avoir six ans… elle était assez coléreuse … et elle eut la bonne idée de prendre une épingle et, tout doucement (par taquinerie uniquement), elle voulut piquer son frère Dominique (le N°7) dans le cou … mais à ce moment-là il se retourna et “ça pique assez fort”. Alors hurlement du “sacré gamin”, elle fut accusée de méchanceté, reçut certainement ladite correction qui déclencha une grande colère … car elle trouvait la punition injuste.
Suzanne nous dit, en parlant du caractère de Zabeth, que c’était une enfant docile (y’avait intérêt, sous la tendre autorité des parents), mais qui savait se défendre et parfois piquer une bonne colère. Pour une banale contrariété, sans doute, elle se souvient de sa maman qui avait parlé un jour d’une … colère bleue !!!
François se remémore que sa grande sœur était une personne charmante. Telle sainte Marthe, elle affectionnait particulièrement les tâches ménagères. Pas bête, elle pensait déjà à son futur mari et à sa progéniture… !!! En effet, elle tournait beaucoup autour de madame Bonne, la dame de compagnie de Maman Pidou, qui cumulait beaucoup d’emplois, dont surtout celui de cuisinière, et chacun se régalait de ses célèbres tomates farcies, de ses bons gâteaux, sans omettre ses bons gros plats qui vous tiennent au ventre, et dont on disait, s’il en restait, que “ça s’réchauffe” ! Mais encore fallait-il qu’il y ait des restes !!! Bien sûr il y avait quelques loupés, mais comme disait Maman Pidou « ce n’est fait qu’avec des bonnes choses, donc ça ne peut qu’être bon » ! De toutes façons, personne ne quitta jamais la table le ventre vide, de ce côté là, il n’y eut jamais d’émeutes…
Zabeth était très expéditive, a-t-elle changé ? Sa maxime : “Sauvons les apparences” et souvent, on levait le coin du tapis afin de pousser dessous les quelques petites poussières qui ne s’étaient pas présentées à la pelle prévue à cet effet…
Ce qui marqua le plus les uns et les autres quand on évoque non seulement le caractère expéditif de Zabeth mais aussi son côté énergique, se déroulera en 1947. Un dimanche, Maman et les “grands” n’étaient pas là. Il y eut une grande poursuite à travers le rez-de-chaussée, et pour échapper à Zabeth, François se réfugia dans le bureau paternel, en voulant claquer la porte derrière lui. Zab essaya alors de rattraper cette dernière, mais passa son bras à travers le grand verre cathédrale, s’ouvrant par la même occasion une artère : il y eut alors un jet de sang jusqu’au plafond à cause de la pression. Edouard, qui était là, courut chercher le fils “Vanhems” qui, comme croit se le rappeler Zabeth, faisait des études de médecine, et qui habitait juste en face de la maison. Avec une cravate, il lui fit un garrot au bras, et vite, tout le monde se rendit à la clinique. Mais le garrot était resté trop longtemps et la gangrène gagnait… enfin, tout finit bien, Zabeth garda son bras, avec une belle cicatrice. Et imaginez l’émotion de Maman Pidou et de Jacques, quand ils rentrèrent de Croix (vers Lille), où ils étaient allés demander officiellement Marie Antoinette Thesse en mariage à sa famille.

Buffet rose, chaussettes fauvettes et mer bleue

Fête de l’école en 1936

Vers 1937, mademoiselle allait dans une plus grande école : “au Sacré Cœur” avec ses sœurs aînées. Il fallait y porter un uniforme composé d’une jupe plissée bleue marine, et d’un corsage bleu ou blanc suivant les jours. Zabeth ne se souvient pas très bien de cette période, mais ce qui est sûr, c’est que ce n’était pas une acharnée de l’école, et, n’ayant que sept ans, elle pensait plus à s’amuser qu’à travailler. Robert, le frère aîné écrivit : “en lisant les notes hebdomadaires j’ai froncé les sourcils pour notre Elisabeth qui est loin de briller”. Elle n’avait pas de petites camarades précises à ce moment là… l’on se suffisait à soi-même dans cette grande famille.

Tout comme maintenant, les enfants attendaient avec impatience les vacances, et notamment celles de Noël. Zabeth ne déroge pas à la règle, et les Noëls chez les Pidou avaient beaucoup d’importance, bien sûr. D’abord, tout le monde allait à la messe de minuit, grands et petits, et au retour, c’était la découverte des cadeaux apportés par le “petit Jésus”… Maintenant, c’est le père Noël qui s’en charge, ce qui est préférable dans un sens. Ce Noël de 1937, Elisabeth s’en souvient particulièrement : elle avait eu une dînette qui brillait dans un buffet rose, et sa sœur Geneviève avait eu une série de onze baigneurs, habillés par Maman, et représentant les onze enfants. Chaque petit vêtement du baigneur avait son initiale : R. S. J. E. etc. Zab s’est souvent demandé ensuite si Geneviève s’en était beaucoup amusée, car il est vrai qu’elle préférait les marteaux et les tenailles de ses frères. Elle est par la suite devenue religieuse mais, dans sa poche, près de son chapelet, on trouve toujours une petite lampe de poche et un tournevis pour dépanner ou changer un fusible.
Comme dans toutes les écoles, à la fin d’une année scolaire, il y avait la kermesse. Au cours de l’une d’entre elles, les enfants avaient joué une petite saynète devant les parents. Zabeth tenait un rôle de jeune mariée accompagnée de son époux. Elle portait une robe longue et blanche pour la circonstance, avec un voile et un diadème. Le marié était quant à lui en costume noir. Il s’appelait Germain Jacquette. Tous deux devaient être en “classe enfantine” comme on disait alors car, au-delà des sept ans, la mixité n’existait pas dans les écoles.

Quelques années plus tard, Zab se trouvait à Sainte Marie des champs à Toulouse. C’était les grandes vacances et les maîtresses conseillaient aux jeunes filles de faire un “chef-d’œuvre” pour les occuper, et puis à la rentrée il y avait une exposition où l’on gagnait des bons roses, bleus ou verts : les premiers cités avaient la valeur la plus importante, et au bout de dix bons roses, les élèves obtenaient une étoile qu’ils mettaient sur le béret. A la fin de l’année, Marie était presque arrivée à être maréchal vu ses nombreuses étoiles. Quant à Zabeth, elle est restée simple caporal, le béret ayant dû rester vierge de toute décoration au cours de l’année !!!
Ces “chef d’œuvre” pouvaient être des dessins, des travaux manuels, habiller des poupées etc. Zab avait dû faire un ou deux napperons, guidée par Suzanne (l’aînée), et Marie, une fois, avait habillé une poupée en uniforme de l’école.
Car, à Toulouse aussi, les filles avaient un uniforme : c’était une jupe bleu-marine plissée, un corsage bleu ou blanc avec une petite veste (très mignonne) et des chaussettes “fauvettes”. La première fois qu’Elisabeth lut sur la liste du trousseau : “Chaussettes fauvettes”, elle se demanda bien ce que cela voulait dire : eh bien, tout simplement “beige clair”.

Début 1939 à Blériot-plage

Quand la famille partait pour les vacances d’été, elle se rendait dans une maison à Coulogne, rue de l’enfer, à la campagne, à quelques kilomètres de Calais, où l’on pouvait y respirer l’air pur (qui était pur quand même en ville à ce moment).
Les devoirs de vacances étaient de rigueur pour les plus grands, et cela les faisait sûrement grimacer. Il y avait un jardin où Maman avait un potager, avec des haricots verts et autres légumes, des arbres fruitiers en espaliers, une serre avec de la vigne, où il régnait une odeur qui était formidable, comme Dominique le dira plus tard. En plus il y avait un poulailler, sur le côté droit de la maison, avec son pigeonnier. En effet, Maman Pidou étant née dans une ferme, peu importait l’endroit où elle se trouvait, il lui fallait toujours une bêche pour les légumes, un grillage pour les poules et canards, des perchoirs pour les pigeons…
Dominique témoigne : « Un soir dans cette maison, tout le monde est au lit. Il y a un orage Terrible, une pluie abondante, le courant est coupé, on entend le tonnerre. J’étais sous les couvertures et je vois Papa se promenant d’une chambre à l’autre afin de nous tranquilliser avec le petit dernier dans les bras. Il avait peut-être aussi peur que nous tous, mais il devait se montrer “chef”, et c’était, je pense, son rôle de responsable de montrer à tous ses moussaillons que malgré une certaine inquiétude, il fallait rester calme. »
De plus, pendant les vacances, les grands inventaient des spectacles dans lesquels les plus jeunes étaient les acteurs… parfois même des moutons !
L’on jouait aussi au marchand et il fallait acheter avec des haricots secs.
Une année, à Ermenonville la grande, Jacques le frère de Zab avait eut l’idée de faire une voiture “fermée” avec une brouette. Chacun montait dedans pour la conduire. Bien sûr, c’est lui qui la poussait et tout le monde passait son “permis de conduire”. Eh bien, Zab l’a eu !!!

Début 1939 à Blériot-plage

Mais ce qui plaisait davantage à notre petite Calaisienne, c’était lorsque la famille allait à la mer, à la maison de “Blériot-plage”. Il y avait là un tennis en ciment entouré de grillage, un portique à côté d’un chalet, et une salle dans laquelle les plus vieux faisaient leurs devoirs de vacances. Et c’est là par exemple que Dominique apprit à huit ans à faire du vélo autour du tennis. Robert était, quant à lui, chargé de couper la haie de troënnes. Maman Pidou, dans une petite salle noire, développait souvent des photos. Il y avait aussi un escalier qui menait à une petite cave, et maman faisait des légumes dans le terrain très très sablonneux à côté du tennis. En effet, le sable était juste au bord de la maison et la mer se trouvait à deux cents mètres environ. Le matin, la marchande de crevettes et de petites soles venait proposer ses produits frais, le panier en osier dans le dos. Les poissons sautaient encore ! Très souvent les enfants allaient dans les dunes et parfois, Jacques et Edouard faisaient exprès de perdre Dominique ou un autre petit. Le dimanche, les grands faisaient avec Papa Pidou une partie de boules cloutées sur la plage. De temps en temps, l’on apercevait un grand bateau blanc au large, tous feux allumés. C’était sûrement le “stélapolaris, bateau d’excursion”.
La famille avait aussi un petit âne qui s’appelait “Pacifique”, qui tirait une petite voiture, et les grands emmenaient les plus jeunes en promenade avec le goûter : deux litres de thé au réglisse froid, du pain et du chocolat. Puis tout ce beau monde allait se baigner. Un dimanche de juillet 1938, alors qu’il y avait la famille Asseman (des cousins), Papa, les frères et les cousins de Zab, firent une “pyramide”, et la jeune demoiselle dut monter en haut : elle était toute tremblante mais très fière, vous pensez.

 

Juillet 1938, au cours des vacances à Blériot, la famille Asseman (cousins d’hazebrouck) est venue passer un dimanche. Sur la plage, concours de pétanque et la remarquable pyramide humaine avec la p’tite Zabeth surmontant le tout, au dernier étage !

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Août 2006
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